La fédération départementale « Les Orgues de l’Aisne »

La fédération départementale « Les orgues de l’Aisne » a pour but la conception et la mise en œuvre de toutes initiatives et actions en faveur des orgues du département, ainsi que le soutien et le renforcement de l'action de ses membres.
Elle est ainsi à l’écoute des besoins, favorise les contacts avec les pouvoirs publics et apporte le cas échéant son assistance technique à tout projet compatible avec ses objectifs.

Créée en 1979 à l’initiative du Conseil général de l’Aisne, sous l’impulsion du préfet de l’époque Hubert Husson (†), cette structure a vu le jour parallèlement au recensement des orgues du département alors entrepris par l’Etat. Cette démarche avait permis d’identifier environ soixante-dix instruments, des plus petites églises aux plus grandes cathédrales, témoignant de la richesse d’un patrimoine que l’Etat et les collectivités locales allaient s’attacher à préserver, promouvoir, et même enrichir à la faveur de certaines constructions.

Dans la préface de ce recensement, le technicien Marcel Degrutere souligne la place de l’Aisne dans l’histoire de l’orgue français, avec la naissance à Laon à la fin du XVIe siècle du prestigieux facteur Crespin Carlier, sans oublier celle, en 1630, de Nicolas Lebègue, futur organiste de la Chapelle royale de Versailles.

Peu d’instruments reflètent cependant aujourd’hui dans le département les traces de cette période, hormis l’orgue historique Jean-Boizard de l’abbaye de Saint-Michel en Thiérache (1714), qui constitue une pièce essentielle du patrimoine national. C’est naturellement le XIXe siècle qui est plus particulièrement représenté, à travers le nom de Cavaillé-Coll (Marle, 1890 - Charly-sur-Marne, 1891), mais aussi ceux de Merklin ou Mutin (Villers-Cotterêts, 1895-1923 – Chauny, 1926), en passant par les plus obscurs Boudsocq, Chazelles, Dejardin, Loret, Schyven ou Stoltz. C’est le facteur Henri-Didier d’Epinal qui construit pour sa part le grand orgue de la cathédrale de Laon en 1899, tandis que le XXe siècle dote les autres grands édifices d’importants instruments : l’orgue Victor-Gonzalez de la cathédrale de Soissons (1956) et celui dû à l’entreprise Haerpfer-Erman de la Basilique de Saint-Quentin (1967).

La fédération départementale devait apporter à partir des années 1980 une contribution déterminante à la sauvegarde, à la restauration et à l’entretien de ce parc instrumental, qu’elle a de surcroît élargi en favorisant la réalisation de plusieurs constructions : l’orgue C-Guerrier de Notre-Dame de Remicourt à Saint-Quentin (1988), l’orgue G- Westenfelder de Fère-en-Tardenois (1990), ou encore l’orgue J-Daldosso de Guignicourt (2003). La fédération devait en outre favoriser la dotation en orgues d’études des conservatoires de Saint-Quentin (C-Guerrier), de Laon et de Soissons (G-Westenfelder).

Elle mène en outre depuis près de vingt-cinq ans une importante action de diffusion saisonnière sous le générique « Les orgues de l’Aisne en concerts ». Menée en collaboration avec l’Association pour le Développement des Activités Musicales dans l’Aisne (ADAMA) et les différentes associations d’Amis de l’orgue, grâce à l’accueil bienveillant du clergé, elle permet de mettre en valeur les différents instruments du printemps à l’automne. Une vingtaine de concerts, majoritairement gratuits, autorise le plus large accès au répertoire de l’orgue, servi dans toute sa diversité grâce aux esthétiques instrumentales complémentaires, adaptées à cinq siècles de musique.